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Anxiété chronique : et si c'était le "TAG" ?

Dernière mise à jour : 7 mars 2023

L'inquiétude est l'intérêt que l'on paie à l'avenir avant qu'il n'arrive.” (John Dewey)

Le trouble d’anxiété généralisé (TAG) est l’un des troubles anxieux les plus courant. Cependant, il est bien moins connu par le grand public que d’autres troubles anxieux (telles que les phobies ou certains TOC, par exemple) et, parallèlement, on constate que beaucoup personnes considèrent que leur anxiété chronique est un trait de personnalité immuable qu’elles ne peuvent pas modifier. En réalité, pour les personnes concernées par le TAG, il est tout fait possible d'atténuer voire dépasser ce trouble, et un accompagnement spécialisé peut être déterminant.



L’inquiétude : une expérience initialement ordinaire


L’inquiétude est une forme de projection dans le futur. S’inquiéter, c’est simplement anticiper des problèmes ou des risques qui pourraient advenir et, si possible, imaginer voire préparer des solutions pour y faire face. D'une certaine manière, rien n'est plus normal : nous nous inquiétons tous quotidiennement à propos de beaucoup de choses ! Et c'est parfois très utile.


Cependant, il est important distinguer deux types d'inquiétudes :


  • le premier type d'inquiétude concerne des problèmes réels et concrets, présents dans notre vie, avec une préoccupation pour ses conséquences : par exemple, suite à un conflit professionnel, un salarié peut s'inquiéter des répercussions dans son travail, essayer de les prévoir, voire de les atténuer (en dialoguant, en s'expliquant ou en présentant ses excuses, par exemple).

  • le seconde type d'inquiétude concerne des problèmes potentiels, des possibilités négatives en l'absence de toute réalité immédiate ou de tout indice que ce problème puisse survenir. Ainsi, certains peuvent s'inquiéter de développer une maladie grave tandis que leur santé paraît être au mieux, ou bien se préoccuper d'un risque d'accident sans être particulièrement exposé dans leur vie quotidienne. Ce second type d'inquiétude est une sorte de "Et si ... ?" qui n'est pas forcément connecté à un problème actuel.

Certaines inquiétudes vont donc être "exagérées" ou se révéler ponctuellement déstabilisantes mais ce n'est pas, au départ, une expérience qui va nécessairement entraver fortement notre qualité de vie.


Le TAG : une « dérive de l’inquiétude »


Néanmoins, certaines personnes connaissent une véritable « addiction » aux inquiétudes du second type. Ce type de fonctionnement est spécifique du trouble d'anxiété généralisée : celui-ci donne lieu à un enchaînement régulier de préoccupations excessives et non contrôlables à propos de diverses situations et activités quotidiennes, alors même que les personnes ne sont pas confrontées à des difficultés graves et massives dans leur vie.


Sur le fond, les personnes qui subissent un TAG ont généralement développé une crainte face à ce qui apparaît flou et incertain, et non maîtrisable. A la longue, tout sentiment d'incertitude finit par être perçue par elle comme un danger "en soi", un risque de perte de contrôle sur leur existence. Et, paradoxalement, elle tente de lutter contre cette incertitude en anticipant mentalement les risques, c'est à dire en s'inquiétant, en contrôlant, en s'agitant ... ce qui augmente évidemment l'anxiété elle-même !


Les symptômes du TAG


Contrairement à d'autres troubles, les inquiétudes du TAG ne sont pas "focalisées" sur un domaine (tel que le jugement des autres comme dans l'anxiété sociale, ou sur un objet particulier comme dans les phobies). Le premier symptôme du TAG sont donc les préoccupations exagérées et quasi-permanentes qui se déploient pendant plusieurs mois ou des années, à propos de sujets extrêmement variés : leur santé ou celle de leurs proches, le travail, les finances, les risques d’accidents ou d’échecs, l’avenir en général, les actualités négatives, la vie sociale et les relations, ou la famille, par exemple.


En quelque sorte, "la machine mentale" à prévoir les ennuis ne s’arrête jamais, une inquiétude prend la place d'une autre, et les personnes concernées expriment souvent l'impression épuisante d'être en permanence "sur la brèche".


A terme, cette anxiété épuisante produit des symptômes tels que :


· des troubles du sommeil,

· des problèmes d’attention et de concentration,

· de l’irritabilité,

· de la fatigue,

· des symptômes physiques tels que des contractions musculaires, des maux de ventre et des céphalées de tensions, entre autres.


Dans certains cas, le TAG peut s'associer à d'autres difficultés, telles que les addictions ou les attaques de panique.


Les solutions face au TAG


Si vous vous sentez concerné(e) par ce trouble, il est d’abord important de favoriser certains repères d’hygiène de vie et de bon sens qui sont utiles pour la plupart des troubles anxieux : l’activité physique régulière, la diminution des excitants (café, thé, cigarette, …), des relations sociales apaisantes, une moindre consultation des médias qui diffusent des contenus négatifs et certaines pratiques de relaxation (yoga ou tai chi, par exemple) sont des premiers pas intéressants.


Toutefois, si ces difficultés se maintiennent durablement, il est essentiel de ne pas rester seul(e). La consultation d’un professionnel de santé sera essentielle afin d’obtenir un soutien et une écoute, un avis et des conseils spécialisés.


On constate notamment que des difficultés d’estime de soi ou des évènements passés difficiles favorisent souvent le TAG, et ils peuvent mériter un accompagnement. Dans tous les cas, les psychothérapies scientifiquement évaluées telles que les TCC (thérapies comportementales et cognitives) ont fait leurs preuves dans ce domaine et pourront vous aider à vous défaire durablement du cercle vicieux de l’anxiété généralisée.


Vincent Caux, Psychologue Clinicien.


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